Ça arrive sans qu’on le commande, dans les pires moments, quand ça fait plusieurs mois ou années qu’on n’a pas rafraîchi notre copie de sauvegarde. Sans prévenir et sous quelques formes aussi frustrantes les une que les autres, ça nous tombe dessus et ça retranche une partie du travail ou des mémoires d’une vie. Le disque dur pète!
C’est une chose qui m’est arrivée à quelques reprises je dirais, avant que ça me rentre dans la tête et que je sois tanné de recommencer à zéro.
Cette fois-ci, ça arrive à mon beau-père Michel, un photographe qui perd ses 3 dernières années de photos et projets. Son disque dur principal cesse d’être reconnu par son ordinateur. Il commence par s’informer à son entourage si un petit futé ne serait pas capable de lui récupérer ses données avec quelque logiciel que ce soit, mais sans succès.
Lorsque ça vient à mon oreille, je lui dis aussitôt: ”Michel, j’ai mes petits trucs pour ce genre de désastre que je pourrais essayer”. Quelques logiciels ou juste le fait d’avoir une installation Linux permet de reconnaître plusieurs systèmes de fichiers différents. Cependant, dès que je connecte le disque à mon ordinateur, il tourne, mais il n’est même pas reconnu par le BIOS. Alors, en un claquement de doigts mes petits trucs de débutant ne servent plus à rien.
Je renvoie la balle à Michel, qui lui s’est informé et a découvert qu’il existe des compagnies qui peuvent évaluer la valeur que coûterait une récupération des données. Ça peut varier entre 400 et 4000 taules. Il envoie donc son disque dur par la poste pour se faire dire, un mois plus tard, qu’il n’y malheureusement rien à faire. Kapout.
S’enlisant tranquillement dans ce qu’on pourrait appeler une tombe (je parle du disque) je commence à étudier les solutions plus ésotériques. Étant donné qu’il n’y plus grand chose à perdre, je recupère le disque et tente quelques techniques. Je commence par la légende du disque dur dans le congélateur. Il semblerait que si on met le disque dur dans le congélateur pendant plus de 12 heure et qu’on l’essaye, ça pourrait fonctionner pendant quelques minutes.
Ce que je n’ai pas dit, c’est qu’il y a quand même 80 gigaoctets de photos à transférer si jamais le test est concluant, alors ça requiert minimum une heure de transfert. Je fais le nécessaire et je mets même le disque dur dans une glacière avec cubes de glace pour être certain que SI ça fonctionne, je dispose d’un maximum de temps pour transférer les données. Donc, après 20 heures à température hivernale, en 3 secondes et quelques essais consécutifs, je me rends vite compte que ça ne change absolument rien. Le disque tourne mais n’est pas reconnu.
On s’est aussi fait dire qu’après avoir essayé le truc du congélateur, si le disque n’était pas mort, ça suffirait à l’achever. Anyway, mes autres trucs, étant tout aussi brillants, je m’entête à poursuivre avec le truc du marteau.
C’est assez compliqué. On prend un marteau et on tapoche sur le disque, ce qui pourrait l’encourager à se réveiller. On peut se servir d’un 2×4 pour éviter de marteler directement la cloison du dis disque. Alors j’essaye autant sous tension que hors circuit. Aucun signe de vie!
C’est à ce moment précis, la mésaventure débute il y a 3 mois, que je sens le découragement m’envahir. Je ne peux pas me résoudre à l’idée que Michel va perdre tout ça. Depuis le début, je fais aussi des recherches sur internet et je continue à chercher des solutions un peu plus pointues, comme acheter un disque dur semblable pour interchanger des pièces, mais ça commencerait à engendrer des coûts sans avoir aucune garantie de succès. C’est alors qu’en cherchant à partir du numéro de modèle du disque dur, que je tombe sur une vidéo Youtube. Le modèle du disque est un Seagate 500GB ST31000340AS …
C’est une procédure pour se connecter sur la carte contrôleur du disque dur en utilisant un fil de téléphone cellulaire Nokia modifié, et d’aller ré-initialiser le “S.M.A.R.T flag” qui met le disque dur en mode occupé et donc non-opérationel. Normalement, en voyant une vidéo comme celle-là, je n’aurais jamais essayé …. Mais tout ce qu’il me manque, c’est le fil Nokia de 3$ que je peux me procurer sur ebay. Je n’ai vraiment rien de plus à perdre. Je me lance.
Regardez la vidéo Seagate BSY error fix sur YouTube, ça vaut le détour.
Un mois plus tard je reçois enfin le fil par la poste et je suis prêt à opérer.
C’est pas très long que je demande à ma copine de s’occuper des enfants pour que j’entame la chirurgie au plus vite. Le fil n’est pas exactement identique au modèle qu’on voit sur la vidéo, alors je ne peux pas voir lequel des fils est le récepteur et lequel est le transmetteur. Mais après quelques essais et erreurs, je finis par réussir à me connecter sur le contrôleur du disque dur. Et ça, c’est une EXCELLENTE nouvelle. Ça me signifiait que le disque n’était pas complètement mort et que je pouvais au moins poursuivre la procédure.
Je continue à suivre les instructions, et à mesure que je constate que les commandes fonctionnent, mon cœur commence à se regonfler d’espoir. J’en suis au point où on déconnecte le fil bricolé et on reconnecte le tout normalement, ce que je m’empresse de faire BAM … ÇA FONCTIONNE!!!
Toutes les photos refont surface comme si rien ne s’était jamais passé. J’en croyais pas mes yeux. Qu’une telle procédure fonctionne après avoir autant maltraité ce pauvre disque. Juste que je sois tombé sur la bonne procédure pour le bon modèle … Wow! J’ai rarement vu des histoires comme ça se terminer aussi bien. Aucune perte de données.
Publié par hugochouinard










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